Mythes sur la prostitution et la pénalisation du client

Contrairement à ce que prétendent les discours anti abolitionniste qui font de la désinformation et véhiculent des mensonges éhontés, l’abolitionnisme vise à la pénalisation du client, et non des personnes prostituées. Il s’agit de condamner l’acte d’achat à la source, et pas la personne qui, pour X raisons, se prostitue.

 

L’abolitionnisme permet de déplacer la charge pénale de la prostituée (prohibition) vers le client. cela signifie que les prostituées qui souhaitent continuer d’exercer ne sont pas visées par la loi et sont libres de faire ce qu’elles veulent. Par contre, les clients se tiennent à carreaux, sous peine d’être dénoncés à la police par les prostituées.

 

De plus dans un pays abo, les réseaux mafieux désertent le pays et les prostituées qui continuent d’exercer sont donc protégées des macs mais aussi gagnent les meilleurs gains d’Europe, contrairement aux pays réglementaristes, où les mafias prolifèrent, avec des filles et des femmes séquestrées et forcées d’exercer, où les gains sont minimes et où la violence des clients n’est pas condamnée, puisque “tant que le client paye il fait ce qu’il veut”.

– La prostitution est un privilège éminemment masculin : celui d’avoir accès à des corps de femmes dont le consentement est acheté par l’argent. Le fait que toute la société considère comme normal qu’une partie des femmes soit sacrifiée pour assouvir les pulsions masculines.

– La majorité des clients de la prostitution sont des hommes en couple donc des hommes qui ont accès à des relations sexuelles. Ce n’est pas la “misère sexuelle” qui est en cause mais bien le fait de payer pour avoir accès à des pratiques que leur copine / épouse refuserait en temps normal, et payer pour avoir accès à des corps/visages correspondants à ce qu’ils s’estiment en droit d’avoir accès. On voit bien sur les forums de clients d’ailleurs qu’ils payent juste pour que la femme ne se rebelle pas et consente à toutes les pratiques hardcore.

– Dire que la prostitution fait diminuer les viols est faux c’est même l’inverse : dans une société où il est considéré comme normal d’acheter une femme pour se vider les couilles, toutes les femmes deviennent par défaut des objets de plaisir.

– Vivre en pays réglementariste ça veut dire que les petits garçons grandissent en voyant des femmes dans les vitrines et avec l’idée que quand ils seront grands, ils pourront s’ils le souhaitent acheter une femme pour leur plaisir / leur consommation. Cela crée une profonde inégalité dans la perception que les enfants ont d’eux-mêmes, et dans la construction psychologique des filles (voir le lien sur la Jonquera).

– Dire que les femmes qui ne se prostituent pas “donnent du sexe gratuit” est largement malhonnête : déjà “gratuit” c’est une transaction financière même si elle est égale à 0 ; parler de “sexe gratuit” c’est déjà établir un échange marchand à 0 donc la femme serait “arnaquée” dans cette situation. Or c’est nier le désir sexuel chez les femmes : ça revient à dire qu’une femme non-prostituée accepte toutes les relations sexuelles que des hommes lui demandent. Or ce n’est pas le cas, les femmes choisissent leurs partenaires sexuels, alors que dans la prostitution l’échange monétaire annule la notion de consentement. L’homme désire, la femme exécute. On appelle ça un “viol tarifé” puisqu’une relation sexuelle non consentie, c’est un viol. Dans l’analyse historique de la prostitution d’ailleurs on a découvert que les premières “passes” étaient des viols où les femmes ont été rémunérées pour garder le silence.

– En ce qui concerne les prostituées qui choisissent leurs clients, elles sont une extrême minorité de privilégiées (blanches, éduquées, avec des papiers, etc) qui travaillent sur internet : elles ne sont PAS visées par les lois abolitionnistes, puisque la loi fait peser la charge pénale sur le client. Une prostituée volontaire qui souhaite poursuivre son activité malgré une loi abolitionniste le peut, elle peut couvrir ses clients.

– Aussi, dire que l’abolitionnisme est “putophobe” envers les prostituées qui choisissent leurs clients, c’est invisibiliser l’écrasante majorité qui ne les choisit pas. La vraie putophobie c’est de laisser les prostituées contraintes (maquées ou pas) dans leur merde au nom d’une poignée de privilégiées qui ont le choix de faire autre chose.

– De la même façon, les personnes qui critiquent l’allocation (certes assez faible) prévue pour aider les prostituées à s’en sortir sont des prostituées qui elles-mêmes gagnent bien : ce ne sont pas la majorité loin de là. ENcore une fois personne ne veut les empêcher de faire leur business, tant mieux pour elles si elles y trouvent leur compte. En revanche celles qui sont contraintes, maquées, sans papiers, menacées etc. elles aimeraient bien avoir une place en foyer et une allocation pour les aider.

– Le système prostitutionnel se situe au croisement du capitalisme et du patriarcat : les femmes sont économiquement précarisées par le patriarcat, donc elles sont plus facilement sans ressources; Le fait de vivre dans une société pornocrate pousse les femmes à envisager la prostitution comme une possibilité, donc la banaliser, avec des imageries glamourisantes du milieu prostitutionnel : Pretty Woman en est l’exemple le plus connu. Ces deux phénomènes (précarité économique + pornocratie qui prend les femmes au berceau, sexualise les ados, etc) poussent largement les femmes dans la prostitution – d’ailleurs beaucoup de femmes qui y entrent volontairement finissent maquées et contraintes…

– L’abolitionnisme prévoit de donner des titres de séjour renouvelables aux sans papieres, de subventionner les foyers pour prostituées en reconversion puisque selon l’abolition la prostituée n’est pas criminalisée mais considérée comme une personne à soutenir dans ses démarches. A l’inverse, la réglementarisation concerne TOUTES les femmes (et c’est pour ça que je dis que toutes les femmes sont concernées par la prostitution “au second degré”) parce qu’en cas de réglementarisation, toutes les femmes auront l’épée de Damoclès au dessus de leur tête : dans le pire des cas les poles emplois offriront des jobs d’hotesses dans les bordels (ça s’est vu en Allemagne) qui ne peuvent pas être refusés sous peine de se faire couper les allocs (puisque c’est considéré comme un travail comme un autre). Dans le “meilleur” des cas, les femmes pauvres seront poussées à se prostituer par l’entourage, la société, puisque ce sera considéré comme un job comme un autre une femme pauvre qui refusera de se prostituer on lui dira qu’elle n’a pas à se plaindre, qu’elle n’a qu’à vendre son corps, etc.

– Concernant l’abolitionnisme qui pousserait les prostituées à s’éloigner des centre villes et donc à se mettre en danger, c’est archi faux et c’est un argument bidon brandi en étendard par les propross (les mêmes personnes qui disent que “Les prostituées et survivantes de la prostitution qui s’expriment en faveur de l’abolition silencient les putes heureuses” – cf. les privilégiées qui ont le loisir de choisir leurs clients, d’en refuser certains, et de faire autre chose de leur vie si ça leur chante) – en réalité dans tous les pays qui ont mis en place l’abolition, on a vu le taux de criminalité baisser et également les meurtres envers les prostituées ; à l’inverse dans les pays qui ont légalisé, les mafias se sont installées (qui dit mafia dit prostituées maquées et sous grosse contrainte) ; il y a énormément de meurtres de prostituées, leurs gains ont largement diminué à cause de l’afflux des réseaux… (En suède les gains des prostituées sont les plus élevés d’Europe, d’ailleurs)

 

  • L’abolitionnisme n’interdit à aucune femme de “disposer librement de son corps” en le prostituant. Il s’attaque à l’acte d’achat en le désignant comme un privilège masculin, et comme l’élément qui permet d’alimenter le circuit du proxénétisme et de la traite (c’est le pricipe de l’acte d’achat qui crée la demande qui engendre l’offre).
    Partant du principe que les prostituées qui choisissent de se prostituer “librement” (étant entendu que tout choix n’est pas libre dans un déterminisme social guidé par le patriarcat) ne sont pas visées par l’abolitionnisme, les prostituées volontaires continuent d’exercer, mais protégées des réseaux de proxénétisme – c’est le cas en Suède où les prostituées font les meilleurs gains d’Europe, où le pays est débarrassé des mafias, et où les clients se tiennent à carreaux de peur d’être dénoncés pour achat d’acte sexuel, la prostituée elle n’étant pas incriminée d’aucune façon

En réalité le système prostitutionnel est largement misogyne, capitaliste et raciste. Plus de 90% des prostituées sont des femmes, l’écrasante majorité est contrainte (étrangères ou pas, venues de gré ou de force, mensonges, kidnappings, achetées à leurs familles…) contre une extrême minorité qui est volontaire – et d’ailleurs la minorité qu’on voit le plus souvent s’exprimer et prendre toute la place et parler au nom de la majorité silencieuse.
Si on regarde les personnalités médiatiques qui s’expriment au nom des prostituées, ce sont des blanc-he-s, éduqué-e-s, qui parlent bien la langue… Et ce qui est le plus drôle, c’est que les défenseureuses de la prostitution elleux-mêmes (Schaffauser, Merteuil…) ne se prostituent plus.

>De 1998 à 2013, il y a eu 127 meurtres de personnes prostituées aux Pays Bas alors qu’en Suède, on ne déplora qu’une seule personne prostituée assassinée (par son mari) durant la même période. (Northern Ireland : Official Report, 09 January 2014. Committee for Justice : Human Trafficking and Exploitation, page 5). Et LES GAINS DES PERSONNES PROSTITUÉES EN SUÈDE SONT LES PLUS ÉLEVÉS D’EUROPE, contrairement aux autres pays où le prix des passes est en chute libre à cause de l’afflux massif de la prostitution étrangère. Ainsi en Suède, le rapport du Conseil national pour la prévention du crime (BRA) de 2008, note « la loi a rendu la tâche plus difficile pour des groupes criminels de s’établir en Suède », ajoutant au sujet des prix pratiqués « bonnes conditions de marché sous forme de prix élevés ». Les tarifs élevés en Suède sont confirmé par un article du Nouvel Observateur : « il suffit de surfer sur ces quelques sites masculins, guides touristiques du sexe, pour le confirmer : “Pour tirer son coup, les gars, allez à Copenhague ! En Suède c’est illégal, et les filles sont vraiment hors de prix. Rien à moins de 200 euros ! Au Danemark, c’est trois fois moins cher… Moins de violence, des salaires plus élevés : le “marché” suédois semble plus sûr pour les prostituées. Miki Nagata s’occupe d’une jeune femme qui, après avoir été escort en Allemagne, où la prostitution est légale, exerce aujourd’hui en Suède : “Elle se sent plus protégée car elle sait qu’elle peut aller voir la police si elle est victime d’un mauvais client. La loi rééquilibre un peu le rapport de force en faveur de ces femmes.” (Nouvel Obs, Stockholm, la ville où le client est invisible, 01-12-2013).<<<

 

Quelques liens pour approfondir :

Qu’est-ce que le STRASS?

Et je suis écoeurée de vous, partisans de la prostitution.

Pretty Woman, 25 ans de mensonges au sujet de la prostitution.

Bordels de la Jonquera, parcs d’attraction machistes.

Paroles de clients (ATTENTION propos violents)

La face cachée de la pornographie

L’envers du X

Ce que vivent les actrices (pornographie)

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